« Dans un dernier geste désespéré, il avança le bras. Tandis qu'elle s'apprêtait à sauter hors du véhicule, il parvint à l'agripper par son tee-shirt, le tissu craqua, découvrant la poitrine nue de la jeune femme.
Il demeura un instant comme hypnotisé par ces deux seins qui dansaient de fureur. Mal lui en prit car elle lui asséna un autre coup de poing à la face qui, cette fois, l'expédia sur le plancher où il demeura affalé. Pour la énième fois, sa tête cogna violemment contre la tôle. Son regard se voila. Sa lèvre éclatée laissait échapper un liquide poisseux, cette fois il était sérieusement sonné.
Il sentit qu'elle lui tirait le bras et se souvint qu'il était parvenu à attraper l'extrémité de la menotte qu'il maintenait fermement serrée dans sa main endolorie. Elle voulait certainement la lui ouvrir pour s'échapper. Heureusement, le choc n'était pas parvenu à lui faire lâcher prise. Elle tira encore et la douleur fut la plus forte, il fut obligé de lâcher prise. Avant de tomber, il était cependant parvenu à refermer la lourde porte.
Il contempla son bras et les menottes au poignet de la jeune femme aux seins nus. Elle bavait de rage, les poings serrés, prête à bondir au moindre geste de sa part. Il conservait une main contre ses parties génitales, c'est alors que malgré le tragique de sa situation, il éclata de rire. Du sang pénétra dans sa bouche, provenant de la blessure de ses lèvres tuméfiées. Il leva les yeux et, continuant à rire, contempla curieusement les menottes, comme si elles étaient la seule chose restée intacte à l'intérieur de ce camion pourri.
S'il ne mettait pas immédiatement fin à ce pugilat, cette folle déchaînée était bien capable d'avoir sa peau, ce qui serait un comble. D'autant que, sous la violence de ses coups répétés, la porte risquait à tout moment de s'ouvrir. Donnant justement face à l'entrée du chapiteau, le remue-ménage risquait d'alerter un danseur ou un curieux attiré par le bruit de leur lutte.
Tandis qu'elle avait saisi la poignée à deux mains, il remarqua une ouverture. Il la retourna, cette fois, sans lui laisser le temps de réagir, d'une main il empoigna la menotte et de l'autre lui décocha, sèchement, un coup de poing à l'estomac. Il avait utilisé sa main meurtrie, si bien qu'il hurla de nouveau sous le choc.
Il sentit aussitôt la tension se relâcher sur la menotte. La jeune femme émit un souffle rauque et se cassa en deux, lui offrant ainsi une nuque magnifique. Il ne commit pas la même erreur de demeurer coi, comme un instant auparavant. De son poing fermé, il lui asséna un coup à la base du crâne »